Lorsqu’ils sont perturbés chez un·e jeune, l’animateur.rice aura vite fait de le remarquer. La perte ou la diminution de la vue, de l’ouïe, de l’odorat ou même du toucher et du goût ne passeront pas inaperçu.
Cependant, l’appréhension du temps qui passe est, elle, gérée par un petit noyau niché au creux de notre cerveau et le rythme circadien de l’humain n’a été observé et démontré qu’assez récemment dans les études du corps humain.
Mais, c’est quoi le rythme circadien ? Le terme a été inventé par Franz Halberg (1919-2013) qui s’est inspiré du latin, circa « autour » et dies « jour ». Il désigne donc le rythme qui dure « environ un jour ». C’est le cycle de sommeils et d’éveils qui rythment le quotidien de tout être vivant ; animaux, invertébrés mais aussi les plantes où il est facilement observable (selon l’heure de la journée, la position des feuilles et des pétales différent).
Ce cycle d’alternances de périodes couvrant ±24 heures influe sur de nombreux mécanismes de notre corps tels que : les variations de la vigilance, la température corporelle, la circulation sanguine, la production des urines et selles, le niveau de production hormonale, la production de l’hormone de croissance, la pousse des cheveux, le métabolisme cellulaire, le niveau de cortisol, le niveau de potassium… Autant dire qu’il est important de ne pas trop perturber ce cycle bien huilé et pourtant…
Le rythme circadien peut être influencé par l’environnement et des mécanismes cérébraux. Par exemple en se soumettant à 10h de lumière et 10h d’obscurité, nous sommes capable de réduire notre cycle à 20h ce qui soulève une autre question, pourquoi dormons-nous la nuit ? La première réponse qui nous saute aux yeux est évidente : le sommeil permet de récupérer l’équilibre physiologique, en d’autres termes : on récupère les forces dépensées durant la journée. Mais en 1979, Weber a démontré que si l’on reste éveillé plus longtemps, la période de sommeil se raccourcit d’elle-même. Ce qui tend à prouver que l’être humain est « programmé » sur un cycle de 24-25 heures.
Un gros décalage dans ce rythme peut être provoqué par un voyage à l’étranger lorsque l’on traverse les fuseaux horaires, nous souffrirons alors de Jet Lag ou d’arythmie circadienne pour les médecins. Cette arythmie peut également être provoquée par une perturbation répétée du cycle sommeil-éveil, et là tu me vois venir, j’appellerais ça le Scout Lag.
Quelles en sont les raisons durant un camp/séjour ? Bien trop souvent, j’ai pu observer qu’il était trop difficile à une équipe d’animation de faire le « deuil » d’une activité ayant déjà trop entamé la journée.
Il est déjà 23h, les jeunes « ont pris » trop de temps pour faire à souper dans le noir mais « tant pis » on fera quand même une veillée ce soir, « on récupérera sur une activité plus soft » demain… Bon il est déjà fort tard pour les loups mais « ça serait quand même mieux s’ils ont les résultats des J.O. avant de se coucher »… Bradypus, réveille-toi ! Tu vas manquer le meilleur de notre « jeu de crépuscule »… Ces situations doivent te parler car je les ai rencontrées très souvent.
Mais finalement, à quoi s’expose l’équipe d’animation en laissant s’installer le Scout Lag sur le camp ? Tout simplement à un déséquilibre des mécanismes du corps qu’il régit et cela se traduira par : une sensation de forte fatigue, des somnolences passagères, de l’irritabilité, une confusion générale, des nausées, des maux de tête, des pertes de concentration, un dérèglement des menstruations. Des conditions pour vivre un camp… cauchemardesque.
Un dérèglement du rythme circadien se soigne facilement, en s’obligeant à suivre son cycle circadien habituel mais selon la gravité de l’arythmie, cela peut prendre jusqu’à 3 semaines pour se rétablir complètement.
Pour des jeunes adolescents en Scout Lag, il faudrait 3 semaines pour récupérer de 2 semaines d’activités « trop intenses » !!! Interpellant non ?
Comment on évite ça alors ?
- Des activités préparées avec un déroulement sur la journée : Le CAMP{Pass} est d’ailleurs un super outil pour évaluer le temps dont ton équipe d’animation dispose. Attention, le temps disponible diffère selon la section dont tu t’occupes. Les journées d’un castor sont rythmées d’une autre façon que celles d’un·e pionnier·e.
- Des activités préparées … encore. : Avoir un surplus cela permet de choisir. Selon l’ambiance de camp ou du séjour, ton équipe pourra sélectionner parmi un panel d’activités celle qui conviendra le mieux au groupe et à chacun·e au moment opportun.
- Savoir reporter : « Les résultats d’un J.O. ça peut se donner le lendemain ». On pourrait appeler ça aussi « savoir hiérarchiser ». Certains moments ont une importance capitale dans une activité mais d’autres sont moins importants et pourront être aborder un autre jour.
- Savoir garder pour plus tard : Les activités qui n’ont pas pu se vivre pourront se vivre une autre fois. « La veillée sera bien plus grandiose si elle s’organise dans de bonnes conditions. »
- Prendre du temps pour soi : C’est important que les jeunes mais aussi l’équipe d’animation puisse trouver des moments pour se ressourcer et peut-être pour prendre un moment pour se reposer. Il faut les prévoir au programme, ils doivent se retrouver dans la grille de camp ou du séjour. Pour l’équipe, il conviendra d’instaurer un… cycle … pour que chacun·e trouve ces moments tout en gardant une équipe avec le groupe de jeunes.
- Le Staff Pass
- Les fiches bientraitance |
- [L’article d’un congrès « Chronobiologie des rythmes veille-sommeil
- 10 conditions pour rendre une activité pédagogique motivante selon Rolland Viau. La dixième concerne directement notre thématique. L’activité doit se dérouler sur une période de temps suffisante = perception de la compétence : accorder à l’apprenant le temps dont il a besoin l’aide à avoir une perception de compétence positive.
- Rythmes de l’enfant : de l’horloge biologique aux rythmes scolaires étude scientifique menée par l’Institut national de la Santé et de la Recherche médicale (France)
- L’article de L’OBS, « Nous apprendre à bien dormir, ça mérite bien un prix Nobel » |
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Nos outils pour t’aider à éviter le Scout Lag
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Pour aller plus loin :
chez l’enfant » ->https://www.edimark.fr/Front/frontpost/getfiles/24546.pdf] qui introduit le balancier homéostatique, très bien expliqué sur le site sommeil et médecine générale « le double balancier pour les nuls »
