Les décisions politiques récentes visant l’enseignement, combinées aux coupes budgétaires dans le secteur de la jeunesse, envoient un signal inquiétant : celui d’un désengagement du gouvernement vis-à-vis du futur des jeunes.
C’est ce qui nous interpelle en tant que Scouts et Guides pluralistes. Notre objectif, en tant que mouvement de jeunesse, est de former des CRACS. Pour que les jeunes puissent s’épanouir et prendre pleinement leur place comme citoyen·nes actif·ves dans la société, il est essentiel de les concerter et de les écouter. Aujourd’hui, nous constatons que la méthode utilisée pour imposer cette réforme ne laisse pas de place à leur parole ni à leur contestation.
Une réforme imposée sans réelle prise en compte des acteur·rices de terrain va à l’encontre de ce que nous défendons. Nous croyons en une société où les jeunes participent activement aux décisions qui les concernent. L’émancipation, la citoyenneté active et la participation démocratique ne sont pas des principes abstraits. Ce sont des repères tangibles qui devraient guider les choix politiques.
L’adoption de ce décret aura des conséquences très concrètes pour les jeunes et notre Mouvement.
La dégradation des conditions d’enseignement, avec un manque de moyens, des classes surchargées, une pression accrue et la suppression de certains dispositifs comme les repas gratuits, impacte directement le bien-être des jeunes. Cet impact est encore plus fort pour celles et ceux qui grandissent dans des situations de précarité.
L’augmentation du minerval implique un accès plus complexe à l’enseignement supérieur et met en danger l’égalité des chances, en limitant l’accès à l’université et aux hautes écoles pour une partie des jeunes. Ce n’est pas qu’une ligne comptable qui augmente, c’est un choix politique qui a des répercussions en cascade notamment quant à l’accès aux loisirs.
En effet, beaucoup d’animateur·rices sont étudiant·es ou futur·es étudiant·es. Leur parcours dans les mouvements de jeunesse risque d’être fragilisé, au point de devoir privilégier un job rémunéré pour financer leurs études plutôt que leur engagement bénévole.
Une grande partie de nos cadres sont aussi enseignant·es. Ces mesures risquent de diminuer leur disponibilité et de fragiliser leur engagement sur le long terme, tant sur le soutien direct aux Unités que sur la qualité de nos formations.
Chez les Scouts et Guides pluralistes, nous croyons en une société plus juste, inclusive et solidaire. Cela passe par un enseignement de qualité, accessible à toutes et tous, et par des politiques construites avec celles et ceux qui vivent la réalité du terrain, ici, les enseignant·es, les élèves et leurs parents.
Nous sommes également profondément préoccupé·es par les violences policières survenues lors des mobilisations du 4 juin. Des centaines de jeunes, venu·es exprimer pacifiquement leur opposition au décret, ont été confronté·es à des interventions violentes mêlant racisme, sexisme et transphobie, et allant jusqu’à la privation de liberté. Cette répression est inacceptable pour nous qui défendons un vivre ensemble valorisant toutes les origines, orientations sexuelles et genres. Elle porte atteinte à la liberté d’expression et de participation des jeunes, pourtant fondamentales dans une société démocratique.
En tant que mouvement de jeunesse, nous dénonçons cette double violence, à la fois institutionnelle et physique, qui vise des jeunes qui se mobilisent. Elle entre en contradiction directe avec notre mission d’encourager leur émancipation et leur engagement citoyen.
Nous continuerons à défendre le bien-être et l’avenir des jeunes, et réitérons notre soutien aux élèves, aux enseignant·es et à l’ensemble des acteur·ices de l’enseignement. Les SGP continueront de soutenir les jeunes dans l’expression de leurs idées.
Plus que jamais, nous voulons créer, promouvoir et préserver des espaces d’expression, de réflexion critique et de dialogue.
| Tu souhaites en savoir plus sur le sujet ? Tu peux consulter le site de Mars Attacks, l’article de la COJ sur la mobilisation du 12 mai dernier, la carte blanche du Délégué Général aux droit de l’enfant ou encore la lettre ouverte du CEF. |
